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France: le boulanger en grève de la faim hospitalisé aux urgences

L'artisan Stéphane Ravacley dans sa boulangerie à Besançon, dans l'est de la France, le 6 janvier 2021.
L'artisan Stéphane Ravacley dans sa boulangerie à Besançon, dans l'est de la France, le 6 janvier 2021. AFP - SEBASTIEN BOZON
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Boulanger à Besançon, Stéphane Ravacley poursuit une grève de la faim depuis plus d'une semaine pour protester contre l'expulsion de son employé guinéen, visé depuis sa majorité par une obligation de quitter le territoire. Mardi 12 janvier au matin, l'artisan a fait un malaise et a été hospitalisé aux urgences.

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Depuis dix jours, le patron de la Huche à pain ne s'alimentait plus, mais il continuait son travail au fournil. Pain, pizza, burgers et gâteaux faits artisanalement, Stéphane Ravacley continuait ainsi sa tournée. Et c'est au cours d'une de ces livraisons qu'il a fait un malaise dans sa voiture.

« Au début, personne ne m'avait remarqué, a déclaré l'artisan de 50 ans. Je suis resté un quart d'heure dans le froid. J'étais en hypothermie quand les pompiers m'ont transporté aux urgences. Je suis fatigué, mais ça va. »

À l'hôpital de Besançon, le médecin qui l'a examiné a conclu qu'il avait « des carences en beaucoup de choses », a précisé Stéphane Ravacley, qui a bénéficié d'une « perfusion de vitamines ». Il pense rentrer chez lui « dans les heures qui viennent ». Le boulanger ne se nourrit plus que de bouillon et a perdu environ huit kilos depuis le début de sa grève de la faim. Une infirmière lui rend visite tous les deux jours.

D'une santé fragile, il avait déjà exprimé son souhait d'aller jusqu'au bout de son combat. « Jusqu'à me mettre en danger ou bien jusqu'à ce que Laye revienne », avait soutenu Stéphane Ravacley joint par Sylvie Koffi, du service France de RFI. 

Documents d'identité légalisés par l'ambassade de Guinée

En dépit de son malaise, l'artisan ne compte pas mettre un terme à sa grève de la faim pour garder à ses côtés Laye Fodé Traoré, son apprenti, qui a dû interrompre sa formation. Pris en charge en France en tant que mineur isolé, il est visé, depuis qu'il a récemment fêté ses 18 ans, par une obligation de quitter le territoire français délivrée par la préfecture de la Haute-Saône, département où il réside.

Le jeune Guinéen a saisi le tribunal administratif de Besançon pour contester le refus de la préfecture de lui délivrer un titre de séjour. Sa requête sera examinée le 26 janvier. Selon son avocate, la préfecture considère que les documents d'identité de Laye Fodé Traoré ne sont pas authentiques. Or, d'après une source proche du dossier évoquée par l'AFP, l'ambassade de Guinée à Paris vient de légaliser les documents de Laye Fodé Traoré.

Des personnalités françaises, dont Omar Sy, Raphaël Glucksmann, Nicolas Hulot et Marion Cotillard, ainsi que plusieurs maires écologistes, ont appelé ce lundi le président Emmanuel Macron à « aider le boulanger de Besançon en grève de la faim ! », dans une tribune signée dans l'hebdomadaire L'Obs. Par ailleurs, la pétition en faveur de Laye Fodé Traoré, lancée par Stéphane Ravacley, a recueilli ce mardi plus de 220 000 signatures.

(et avec agences)

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