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Le plus grand procès contre la mafia ‘Ndrangheta s’ouvre en Calabre

Le procureur italien de Catanzaro, Nicola Grattieri, a dirigé l'enquête qui a permis le procès de la mafia 'Ndrangheta qui débute le 13 janvier 2021.
Le procureur italien de Catanzaro, Nicola Grattieri, a dirigé l'enquête qui a permis le procès de la mafia 'Ndrangheta qui débute le 13 janvier 2021. AP - Riccardo De Luca
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Un maxi-procès contre des centaines de membres présumés de la toute-puissante mafia calabraise, la 'Ndrangheta, s’ouvre ce mercredi matin dans une immense enceinte bunker, construite à Lamezia Terme, en Calabre. Parmi les accusés, des « boss » de haut rang, des entrepreneurs, des dirigeants administratifs, mais aussi des hommes politiques et des policiers. La liste des délits est très longue : meurtres, association mafieuse, trafic de drogue, détention illégale d’armes, blanchiment d’argent, recel, usure, ou encore abus de pouvoir.

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De notre correspondante à Rome,

C’est un procès inédit, qui ne peut être comparé avec le maxi-procès contre Cosa Nostra, la mafia sicilienne, qui s’est tenu à Palerme entre 1986 et 1987 et à l’issue duquel 338 accusés ont été condamnés. Car la ‘Ndrangheta, qui compte environ 20 000 affiliés, est une autre forme d’organisation criminelle.

C'est en effet la seule mafia présente sur les cinq continents et dont les racines et les clans restent ancrés en Calabre. Soit une sorte de multinationale qui s’enrichit surtout grâce au trafic de cocaïne, importée d’Amérique du Sud. Ce qui lui rapporte, selon les experts, 50 milliards d’euros par an.

Pour aboutir à ce procès, au cours duquel seront appelés à la barre 355 accusés, 913 témoins – dont d’anciens mafieux repentis – et plus de 350 avocats, quatre années d’enquêtes ont été nécessaires.

► À lire également : Vaste coup de filet anti-mafia en Sicile pour détournement de fonds européens

Un procureur qui a grandi avec les futurs chefs mafieux

À la tête de ces enquêtes, le procureur de Catanzaro, Nicola Gratteri, est le plus célèbre des magistrats italiens anti-mafia. Il est considéré comme l’héritier des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés par Cosa Nostraen 1992.

Âgé de 62 ans, Nicola Gratteri est né à Gerace, un village au cœur de la Calabre, dans lequel il a grandi avec les enfants des boss locaux qui, à leur tour, sont devenus des chefs mafieux. Ils fréquentaient la même école, jouaient ensemble au football et ont partagé, très souvent, la vision de scènes de crimes en pleine rue.

Nicola Gratteri, qui vit sous escorte policière depuis plus de trente ans, raconte d’ailleurs que ce qui l’a poussé à devenir magistrat et à combattre la ‘Ndrangheta, ce sont tous les cadavres qu’il a vus, criblés de balles durant son enfance.

Connexions entre mafia et cols blancs

Un tel procès comporte évidemment de nombreux risques. Une salle bunker de 3 000 mètres carrés, équipée de 64 caméras de surveillance, a donc été aménagée dans un bâtiment d’une ancienne zone industrielle de Lamezia Terme, ville située au centre de la Calabre. Tout est prévu pour respecter les règles anti-Covid et bien séparer les entrées pour les accusés, les témoins, les avocats et les juges. 

Ce procès va durer au moins deux ans. D’après les déclarations du procureur Nicola Gratteri, il va permettre d’approfondir les connaissances sur le fonctionnement de la 'Ndrangheta et de mieux lutter contre les connexions entre les clans les plus puissants de cette mafia et les cols blancs.

► À lire aussi : Coronavirus: en Italie, la mafia en profite pour venir en aide aux plus démunis

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