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Bannir Trump de Twitter crée un précédent «dangereux», selon le patron du réseau Jack Dorsey

Le fondateur et patron de Twitter, Jack Dorsey.
Le fondateur et patron de Twitter, Jack Dorsey. AP - Michael Reynolds
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le fondateur et patron de Twitter, Jack Dorsey, estime que la décision de bannir Donald Trump de la plate-forme était « la bonne » mais constitue néanmoins un « échec » et « établit un précédent » qui lui semble « dangereux » par rapport au pouvoir détenu par les grandes entreprises.

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« Je ne ressens aucune fierté à l'idée que nous ayons dû bannir @realDonaldTrump », a tweeté Jack Dorsey, mercredi 13 janvier. Dans une série de messages, il revient sur la décision du réseau social de bannir indéfiniment le président sortant des États-Unis pour avoir encouragé les violences du Capitole. C'est un « échec de notre part à promouvoir une conversation saine », a-t-il poursuivi, et ce genre de mesures « nous divise. Elles limitent les possibilités d'expliquer, de se racheter, d'apprendre. »

Twitter était le principal outil de communication du milliardaire républicain, qui s'en servait au quotidien pour s'adresser directement à ses 88 millions d'abonnés. Donald Trump a aussi été suspendu de Facebook, Snapchat, Twitch et, depuis ce mardi, de YouTube pour une semaine. La plate-forme de vidéos de Google faisait face à une pression croissante d'ONG et de personnalités.

Mais la décision de Twitter est de loin la plus emblématique. Le bannissement du chef d'État américain a été salué par de nombreux élus, mais il a aussi suscité des critiques d'associations et de dirigeants, comme la chancelière Angela Merkel, inquiets du pouvoir des entreprises technologiques. « Cela établit un précédent qui me semble dangereux : le pouvoir qu'un individu ou une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale », admet Jack Dorsey dans ce monologue introspectif.

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Purge

L'équilibre du pouvoir était respecté, souligne le patron de Twitter, tant que « les gens pouvaient simplement aller sur un autre service, si nos règles et notre application des règles ne leur convenaient pas ». Mais « ce concept a été remis en cause la semaine dernière quand un certain nombre de fournisseurs essentiels d'outils sur internet ont aussi décidé de ne pas héberger ce qu'ils trouvaient dangereux. Je ne crois pas que c'était coordonné. Plus probablement, les sociétés sont arrivées à leurs propres conclusions ou ont été encouragées par les actions des autres. »

En plus de sa mesure phare, Twitter a supprimé ce week-end 70 000 comptes affiliés à QAnon, une mouvance complotiste pro-Trump, impliquée dans l'invasion du Capitole qui a perturbé la cérémonie de certification de la victoire de Joe Biden mercredi dernier.

Quand Donald Trump a tenté vendredi de répliquer à la suspension de son compte personnel via le compte officiel POTUS (président des États-Unis), à l'attention des « 75 millions de patriotes » qui ont voté pour lui, ses messages ont immédiatement été retirés par le réseau social.

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